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Comment prévenir la rechute dépressive

Sep
30

Comment prévenir la rechute dépressive

Rechute ou récidive ?

Malheureusement, bien que les traitements courants de la dépression prouvent leur efficacité, un certain nombre de patients voient le retour de nouveaux épisodes dépressifs.

En général, ces patients ne souffrent pas de récidive (nouvel épisode) mais plutôt de rechute (aggravation d’un épisode contrôlé auparavant mais pas encore complètement terminé).  Les antidépresseurs « soignent » la dépression, certes, mais aussi longtemps que les patients en consomment. Les médicaments fonctionnent beaucoup plus rapidement que les psychothérapies mais celles-ci ont  l’avantage d’accroître le fonctionnement social de la personne à long terme. Les études cherchent à mettre en évidence la possibilité d’interrompre un traitement pharmacologique grâce aux propriétés spécifiques des traitements psychothérapeutiques (Fava, Grandi, Rafanelli et Canestrari, (1996)[1] répliquée en 1998, Paykel et al. 1999[2])[3].

La prise de médicament au long cours est elle la seule alternative ?

En effet, la perspective du médicament au long cours ne pouvait satisfaire ni les patients ni les médecins[4]. Il reste qu’un traitement d’entretien est nécessaire. Des équipes de chercheurs s’emploient à trouver une nouvelle approche. La première étape du travail de recherche a consisté à comprendre les causes des rechutes.

L’équipe Segal, Williams, Teasdale met à jour le processus délictueux : chaque fois qu’une personne est déprimée, les connexions cérébrales entre humeur, pensées, état physiologique et comportement se renforcent, favorisant le retour de la dépression.

Comme les recherches sur les effets de la thérapie cognitive confirme qu’elle réduit les rechutes, la deuxième question à laquelle il est nécessaire de répondre est la suivante : pourquoi le traitement psychologique « thérapie cognitive » est-il efficace chez certains patients contre le retour de la dépression ? Dans les dépressions sévères, l’accompagnement médicamenteux demeure requis mais la notion de prévention émerge dans ce questionnement des chercheurs : en identifiant ce qui, dans les thérapies psychosociales, est protecteur, il serait alors possible de l’enseigner aux personnes dépressives pendant qu’elles vont bien au lieu d’attendre la rechute (André, 2007)

Comment les rechutes dépressives et les récidives pourraient elles être évitées ?

Comme la dépression majeure était vue comme un trouble possiblement récurrent, la nécessité d’élargir le type de soin s’est faite jour. Les études[5] permettent de distinguer les récidives – vivre un nouvel épisode – des rechutes (aggravation d’un épisode contrôlé précédemment) avec l’indication claire que bien qu’une personne puisse se sentir mieux avec la prise d’antidépresseurs pendant un épisode dépressif, elle risquait une rechute rapide si elle arrêtait la médication avant la fin de l’épisode dépressif.

La prescription d’antidépresseurs à titre préventif fut admise et réglementée en distinguant les différentes phases de la dépression : aiguë, maintien, continuation.

Début des années 90, les gains obtenus par le prolongement du traitement antidépresseur au-delà de la guérison initiale, est bien documenté. Egalement la nécessité de trouver un traitement alternatif pour le grand nombre de personnes pour lesquelles il n’est pas possible : femmes enceintes, personnes devant subir une intervention chirurgicale, personnes intolérantes aux effets secondaires…

Une question récurrente : la psychothérapie pourrait-elle aider le dépressif ?

La preuve était faite que les événements de vie négatifs (pertes, conflits, rejets et déceptions) précédaient souvent le retour d’épisodes dépressifs. La psychothérapie pourrait alors jouer un rôle important en aidant les patients à gérer leurs conséquences et donc réduire les récidives. L’efficacité des thérapies psychologiques est progressivement démontrée et prouvée : elles peuvent comme les antidépresseurs diminuer le risque d’un retour de dépression.

Les chercheurs se mirent en quête d’une thérapie psychologique de maintien pour la prévention de la rechute dépressive.

La thérapie cognitive basée sur la pleine conscience répond à la prévention de la rechute dépressive.

Elle a été validée pour la rechute dépressive. Son utilisation s’élargit à d’autres pathologies :

– troubles du comportement alimentaire,

– troubles anxieux,

– personnalité limite…

Les études se multiplient pour évaluer son action dans les différents champs.

En résumé, la personne ayant traversé un épisode dépressif conserve une certaine vulnérabilité. Elle a tout intérêt à développer les habiletés cognitives qui lui permettent de faire face avec une meilleure aisance aux difficultés inhérentes à la vie quotidienne. L’amélioration des compétences psychosociales est également une piste intéressante à travailler dans le but de conserver une bonne qualité de vie. L’apprentissage de la pleine conscience permet de traiter la tendance à vivre dans le passé ou à anticiper le futur, deux manières d’éliminer le présent et de ruminer de manière infructueuse. Les techniques de méditation enseigne à se libérer progressivement de ce travail inutile et nuisible, à relaxer l’esprit qui devient plus souple, plus « agréable à vivre ». La personne tout entière bénéficie de cette amélioration par l »intrication étroite du corps et de l’esprit, tellement bien comprise avec l’usage de la respiration comme support de concentration mentale. Quasiment deux mille cinq ans d’expérience humaine valide cette pratique.


[1] Fava, Grandi, Rafanelli et Canestrari, (1996)[1] , Four year outcome for cognitive behavioral treatment of residual symptoms of major depression, American Journal of Psychiatry,  153, 945-947 ; répliquée en 1998, Prevention of recurrent depression with cognitive behavioral therapy: Preliminary findings. Archives of General Psychiatry, 55(9), 816-820

[2] Paykel & al. (1998), Prevention of relapse in residual depression by cognitive therapy: a controlled trial, Archives of General Psychiatry, 56, 829-835

[3] Barlow & Durand, (2007), Psychopathology, Bruxelles, De Boeck

[4] André, C., (2007), Méditer pour ne plus déprimer, Paris, Odile Jacob, p.22

[5] Glen & al, (1984), Continuation therapy with lithium and amitriptyline in unipolar depressive illness : A randomized, double blind, controlled trial, Psychological Medicine, 14, 37-50

About the Author:

Psychologue, formatrice à la pleine conscience, professeure de yoga

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